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[S’unir pour Audierne-Esquibien]

Analyse Stratégique de la Réunion Publique : Audierne (Février 2026)

Synthèse Globale

Cette réunion publique, animée par l’équipe sortante ou un groupe de réflexion mené par Michel van Praët, s’inscrit dans un contexte de transition critique pour la commune d’Audierne. L’événement prend la forme d’un bilan de mandat et d’une projection programmatique face à une opposition représentée notamment par Didier Guillon. Le fil conducteur de la présentation est le passage d’une phase de réparation d’urgence (liée à un héritage jugé négligé : mérule, toitures, friches) à une phase de construction sociale et structurelle. Les intervenants (Cyrille Lessenne sur la santé/économie, Christian Cosquer sur le sport/associations, Marie Soler sur la jeunesse, Christine Cornet sur la culture) dressent un constat lucide, parfois sombre, des défis démographiques (vieillissement) et médicaux. L’équipe défend une approche de “frugalité budgétaire compensée par une ingénierie administrative”, prônant la chasse aux subventions (État, UE) pour financer les projets sans alourdir la fiscalité locale. Le discours se veut technique et transparent, refusant la démagogie sur les sujets sensibles comme la désertification médicale, tout en critiquant ouvertement la lenteur ou le manque d’ambition de l’intercommunalité (Communauté de Communes Cap Sizun - Pointe du Raz).

Analyse Catégorielle Détaillée

Economie (Commerce, tourisme, emploi, port, pêche)

  • Optimisation Financière : Michel van Praët démontre, chiffres à l’appui (47€/habitant vs 94€/hab moyenne Cap Sizun), un déficit historique de captation des subventions départementales et propose une cellule dédiée pour y remédier.
  • Attractivité des Actifs : Cyrille Lessenne lie directement la vitalité économique à la démographie médicale : attirer des médecins nécessite d’abord d’attirer des commerces et des familles.
  • Tourisme à l’année : Rejet du modèle “tout tourisme” estival ou de la “station balnéaire pour retraités aisés”. Proposition de “classes de mer” et d’une activité économique constante à l’ex-collège Saint-Jo.
  • Aménagement du Stum : Le projet d’entrée de ville est bloqué par la pollution historique des sols (ancienne usine d’iode) et le statut de domaine public maritime, paralysant l’investissement commercial et paysager.
  • Mobilité : Réflexion sur des navettes maritimes avec Plouhinec (Poulgoazec) pour désengorger le centre et soutenir le commerce.

Logement (Habitat, urbanisme, immobilier)

  • Réhabilitation du Patrimoine : Priorité à la rénovation du bâti existant (Hospice, école Pierre Lelec, salle omnisports) plutôt qu’à la construction neuve, dans une logique de sobriété foncière (ZAN).
  • Mixité d’usage (Saint-Jo) : Projet complexe pour l’ancien collège Saint-Jo, mêlant logement social, espaces associatifs et tourisme, avec un modèle économique visant l’équilibre sans vente sèche du patrimoine.
  • Logement Intergénérationnel : Proposition incitative pour que les seniors hébergent des jeunes (notamment en Service Civique) afin de pallier la pénurie de logements locatifs.
  • Risques Côtiers : Inquiétude majeure sur l’érosion du perré ferroviaire et la conception du futur bâtiment communautaire (zone submersible), plaidant pour des constructions résilientes (pilotis).

Culture (Patrimoine, événements, arts, musique)

  • Lien Social et Éducation : Création d’une Université du Temps Libre (UTL) pour l’enrichissement intellectuel de tous les âges.
  • Infrastructures : Projet de transformation de l’ancienne salle omnisports en “préau multi-activités” ouvert (vue mer) pour les Fest-Noz et événements, contournant les coûts d’un ERP fermé classique.
  • Maillage territorial : Maintien des bibliothèques de proximité (Audierne centre et Esquibien) et rénovation du Théâtre Georges Madec.
  • Patrimoine Historique : Valorisation de l’histoire industrielle (usine d’iode) et religieuse (toiture Saint-Raymond financée par la DRAC).

Ecologie (Environnement, énergie, déchets, biodiversité)

  • Pollution des Sols : Révélation du blocage au “Stum” dû aux métaux lourds et résidus chimiques, posant un risque pour le Goyen et la nappe phréatique. L’État refuse les travaux sans dépollution coûteuse.
  • Rénovation Durable : Les travaux lourds sur les bâtiments publics (isolation, toitures) sont présentés comme une correction écologique indispensable après des années de négligence.
  • Risques Naturels : Alerte sur la fragilité du perré soutenant des réseaux critiques (gaz, eaux usées) face à l’érosion marine.

Associations (Vie associative, clubs, bénévolat)

  • Équité et Transparence : Christian Cosquer promet une remise à plat des critères de subvention pour plus d’équité entre les associations.
  • Maison des Associations : Projet de centralisation des moyens (locaux, matériel) pour soutenir le bénévolat.
  • Passeport Associations : Dispositif pour faciliter l’accès des jeunes au tissu associatif.
  • Partenariat Mairie-Asso : Volonté de positionner la mairie comme “facilitateur” et non comme substitut, en s’appuyant sur des modèles existants (Maison Phares du Millier).

Jeunesse (Écoles, enfance, activités jeunes)

  • Urgence Petite Enfance : Proposition “tampon” immédiate d’utiliser les locaux scolaires libérés (Pierre Lelec) pour créer une crèche transitoire, critiquant les délais du projet intercommunal (lié à l’EHPAD).
  • Démocratie Participative : Création d’un Conseil Municipal des Jeunes (CMJ) “bottom-up” où les jeunes proposent leurs propres projets, et mise en place du dispositif “Argent de Poche”.
  • Santé Mentale et Prévention : Constat alarmant sur les addictions et l’anxiété chez les jeunes. Regret de l’abandon du projet d’école trilingue par le passé.
  • Nouveaux Sports : Adaptation de l’offre aux nouvelles pratiques (glisse, vent) au détriment des sports traditionnels en perte de vitesse, avec un projet de “Festival du vent”.

Alimentation-Bien-Être-Soins (Alimentation, santé, bien-être, services médicaux)

  • Crise de l’Offre de Soins : Constat lucide (15% des patients sans médecin). Refus des “chèques d’installation” jugés inefficaces. La stratégie repose sur l’attractivité territoriale globale (culture, emploi conjoint, école) pour fixer les praticiens.
  • Critique du Projet EHPAD : Le projet de fusion (174 lits) est jugé obsolète par l’équipe car il sous-estime massivement les besoins en unités protégées (Alzheimer). Plaidoyer pour le maintien à domicile renforcé.
  • Restauration Collective : Remise en service de la cuisine de Saint-Jo pour garantir une autonomie alimentaire locale (scolaire/portage).
  • Santé Environnementale : Lien établi entre pollutions historiques (métaux lourds) et risques sanitaires, ainsi qu’entre l’exposition solaire locale et les mélanomes.

Évaluation Objective

Le programme présenté se distingue par sa maturité technique et son refus des solutions simplistes.

  • Points Forts (Transparence et Responsabilité) :
    • L’équipe fait preuve de courage politique en admettant les impasses (pollution du Stum, impossibilité de “décréter” la venue de médecins).
    • L’approche financière basée sur l’ingénierie de subventions (Europe/État) est pertinente dans un contexte de budgets contraints.
    • La vision sociale est forte : inclusion des jeunes (CMJ), solidarité intergénérationnelle (logement, UTL) et attention aux plus vulnérables (EHPAD, addictions).
  • Défis et Points de Vigilance :
    • Complexité Administrative : La dépendance aux autres strates (ComCom, État, ARS) est omniprésente. La critique ouverte de l’intercommunalité et du projet EHPAD risque de créer des tensions politiques nuisibles à l’avancement des dossiers.
    • Risques Financiers Cachés : La réhabilitation de bâtiments anciens (mérule, pollution) réserve souvent des surcoûts majeurs. Le modèle économique mixte de Saint-Jo reste à prouver.
    • Impatience Citoyenne : Le discours sur le “temps long” et l’attractivité structurelle risque de ne pas satisfaire les besoins immédiats d’une population inquiète pour sa santé et son cadre de vie (entrée de ville).

Recommandations pour l’Avenir

Dans une optique de bien commun et de développement durable pour Audierne-Esquibien :

  1. Lancer un Audit Indépendant “Santé & Bâti” : Commander deux diagnostics urgents : l’un technique sur la pollution du Stum et la stabilité du perré, l’autre sur les besoins réels en unités Alzheimer pour l’EHPAD. Ces données factuelles seront des leviers non-négociables face à l’État et l’ARS.
  2. Créer un “Guichet Unique Santé-Social” : En attendant les solutions structurelles, mettre en place une cellule municipale de coordination (avec navette solidaire) pour aider les seniors et les personnes isolées à accéder aux soins hors commune, comblant la fracture territoriale immédiate.
  3. Institutionnaliser la Co-Construction Jeunesse : Organiser des Assises de la Jeunesse avant de figer le CMJ, pour s’assurer que les formats proposés (horaires, thèmes) correspondent à la réalité des jeunes du territoire.
  4. Formaliser la Cellule de Veille Subventions : Mutualiser, si possible avec les communes voisines (Plouhinec), le recrutement d’un expert en montage de dossiers européens et nationaux pour pérenniser la hausse des aides publiques.