6 minute read

Voici l’analyse consolidée et détaillée de la réunion publique tenue par Didier Guillon à Audierne en février 2026, basée sur l’ensemble des transcriptions et le notes prises lors de la réunion publique.

[Passons à l'action]

Synthèse Globale

Cette réunion publique s’inscrit dans un contexte pré-électoral tendu à l’approche des élections municipales de mars 2026. Didier Guillon, tête de liste de l’opposition (“Passons à l’action”) et conseiller départemental, présente un programme de “rupture tranquille” mais ferme vis-à-vis de la majorité sortante.

L’axe central de son discours est la soutenabilité financière et la méthode de gouvernance. M. Guillon dépeint la gestion actuelle comme un “champ de ruines” (notamment au niveau des ressources humaines) et dénonce une opacité décisionnelle (“fait du prince”), illustrée par le projet controversé de la nouvelle école Pierre Le Lec.

Le candidat positionne son équipe comme une alternative expérimentée et gestionnaire, prônant le pragmatisme budgétaire (“un achat pour une vente”), la transparence et une écoute renouvelée des citoyens et agents communaux. L’audience exprime des inquiétudes tangibles concernant le coût de la vie, le stationnement, la pression fiscale intercommunale, et les risques environnementaux (inondations). Le programme se veut non partisan, axé sur la revitalisation démographique pour sauver les services publics et l’autonomie de la commune au sein du Cap Sizun.

Analyse Catégorielle

Economie (Commerce, tourisme, emploi, port, pêche)

  • Soutenabilité Financière : Critique alarmiste de la santé financière de la commune. M. Guillon alerte sur la chute de l’épargne nette (passée de 1,1M€ à 680k€) et projette un triplement de la dette si les projets actuels (école) sont maintenus, menaçant la capacité de désendettement (ratio Klopfer).
  • Commerce et Stationnement : Refus des horodateurs payants pour préserver l’attractivité du centre-ville. Proposition d’étendre la “Zone Bleue” à 2 heures toute l’année et de créer 50 places de parking dans la vallée (foyer Marthe Pierre) pour soutenir le commerce local.
  • Pêche et Port : Engagement fort contre la concurrence déloyale des chalutiers “bigoudens” (4 panneaux) dans les eaux locales, avec actions juridiques et politiques prévues. Volonté de mieux connecter le port (liaisons île de Sein) aux flux terrestres.
  • Fiscalité Intercommunale : Dénonciation de la hausse de la taxe sur les résidences secondaires (THRS) par la Communauté de Communes, jugée inefficace car les recettes auraient été absorbées par le fonctionnement plutôt que l’investissement promis.
  • Tourisme : Considéré comme une “industrie” locale vitale. Scepticisme sur une régulation trop stricte des locations saisonnières (type Saint-Malo) pour le moment, privilégiant l’équilibre économique des commerces.

Logement (Habitat, urbanisme, immobilier)

  • Priorité Absolue : Le logement est identifié comme le levier unique pour enrayer la baisse démographique et sauver les écoles. Objectif ambitieux (voire irréaliste selon le contexte) de passer de 8 à 80 logements produits (période non précisée).
  • Loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) : Reconnaissance de la contrainte nationale. Stratégie de densification, de réhabilitation des “ruines” et “biens sans maître” (ex: rue Danton), et d’optimisation du foncier existant plutôt que l’étalement.
  • Critique du Bilan Actuel : Accusation d’une carence totale de production de logement social en 6 ans.
  • Urbanisme conflictuel : Mention de tensions sur des projets de lotissements (Kerestum) et inquiétudes sur la hauteur des constructions (Saint-Evette). Volonté d’utiliser le PLU comme outil de développement “harmonieux”.

Culture (Patrimoine, événements, arts, musique)

  • Patrimoine en Péril : Alerte sur l’état critique de l’église Saint-Onneau et de l’ancien Hospice (mérule, infiltrations), dont la restauration est présentée comme prioritaire face aux projets neufs.
  • Infrastructures existantes : Volonté de valoriser les atouts (Théâtre, Cinéma, Musée Maritime). Proposition d’agrandir la “Salle Pau” pour les événements d’envergure.
  • Gestion de l’Ancien LEP Jean-Moulin : Inquiétude sur le transfert de ce bâtiment régional à la ComCom sans chiffrage précis des coûts de rénovation et de fonctionnement, malgré son potentiel patrimonial.

Ecologie (Environnement, énergie, déchets, biodiversité)

  • Risques Naturels (Submersion) : Le sujet de la montée des eaux est central. Critique virulente du choix du site du “Stüm” (zone inondable) pour le nouveau siège de la ComCom.
  • Protection du Littoral : Regret de l’annulation d’un projet de muret de protection co-financé par le SMPPC. Aveu d’absence de “solution miracle” mais volonté de nommer un adjoint dédié à l’environnement.
  • Biodiversité Marine : Lien établi entre protection des fonds marins (interdiction du raclage) et pérennité de la pêche artisanale.
  • Mobilité Douce : Projet de parking perméable et paysager dans la vallée, encouragement du covoiturage solidaire (“Atchoum”) et optimisation de l’intermodalité (bus/bateau/voiture).

Associations (Vie associative, clubs, bénévolat)

  • Partenariat Renouvelé : Les associations sont la “deuxième priorité” pour la cohésion sociale. Promesse de simplifier les demandes de subventions et de donner aux associations la gestion libre du planning des salles.
  • Gouvernance : Création d’un poste d’adjoint dédié pour sortir d’une relation jugée clientéliste.
  • Inquiétudes : Mention spécifique de l’association “Ticalin” et du besoin de sécuriser les bénévoles.

Jeunesse (Écoles, enfance, activités jeunes)

  • Le Dossier “École Pierre Le Lec” : Point de friction majeur. M. Guillon souhaite un moratoire immédiat sur ce projet jugé pharaonique (6,5M€ pour <100 élèves). Il propose d’auditer le dossier, quitte à payer des indemnités de rupture, pour privilégier une rénovation ou une extension plus modeste (ex: école d’Esquibien).
  • Démographie Scolaire : La baisse des effectifs est traitée comme une conséquence du manque de logements. L’arrivée de familles est la seule solution pérenne envisagée.
  • Restauration Scolaire : Critique de l’abandon de la cuisine sur site au profit d’une cuisine centrale intercommunale (projet LEP), perçu comme une baisse de qualité.

Alimentation-Bien-Être-Soins (Alimentation, santé, bien-être, services médicaux)

  • Déserts Médicaux : Défense du bilan passé avec la création du Pôle Santé (impasse Simone Veil). Annonce de l’arrivée de nouveaux dentistes et volonté de dialoguer avec les kinésithérapeutes pour l’extension de l’offre.
  • EHPAD et Seniors : Mention du projet d’EHPAD “nouvelle génération” à Esquibien (Kerlaouénan), incluant une crèche pour l’intergénérationnel, bien que le coût soit élevé.
  • Alimentation : Promotion des circuits courts agricoles et de l’épicerie solidaire intercommunale pour les populations fragiles.

Évaluation Objective

Le programme présenté par Didier Guillon repose sur une logique de gestion de crise financière et managériale. Son argumentation est techniquement étayée (ratios financiers, connaissance des dossiers départementaux), ce qui lui confère une crédibilité de gestionnaire.

Points Forts (Transparence et Intérêt Général) :

  • La volonté d’auditer les grands projets (école, siège ComCom) avant engagement définitif est une mesure de prudence alignée sur le bon usage des deniers publics.
  • L’accent mis sur le logement existant et la densification répond pragmatiquement aux injonctions de la loi ZAN et aux besoins démographiques réels.
  • La transparence affichée sur les difficultés (pas de “recette miracle” pour la montée des eaux ou la mobilité) tranche avec les promesses électorales habituelles.

Défis et Points de Vigilance :

  • Faisabilité Juridique : L’arrêt brutal de marchés publics (école) expose la commune à des contentieux et pénalités financières dont le montant réel reste à confirmer.
  • Ressources Humaines : La qualification des services techniques comme “champ de ruines” indique une crise profonde. Restaurer la confiance nécessitera plus qu’une réunion ; le risque de paralysie administrative est réel en début de mandat.
  • Conflit de Priorités : Opposer la rénovation patrimoniale (église) à la construction scolaire neuve est un arbitrage politique risqué qui pourrait diviser la population entre défenseurs du passé et de l’avenir.

Recommandations

Pour garantir l’intérêt général et le développement durable d’Audierne, voici 4 recommandations opérationnelles basées sur l’analyse de cette réunion :

  1. Audit Indépendant Immédiat (Finances & École) : Dès la prise de fonction, commander un audit flash par un cabinet tiers (ou la Chambre Régionale des Comptes) pour objectiver l’état réel des finances et chiffrer précisément le coût d’arrêt vs poursuite du projet scolaire. Cela dépolitisera la décision.

  2. États Généraux de l’Habitat et du Littoral : Lancer une grande consultation citoyenne regroupant les enjeux de logement (densification, ZAN) et de risques côtiers. L’objectif est de co-construire une stratégie d’urbanisme résiliente qui accepte la densité pour sauver les terres agricoles et protéger les zones inondables.

  3. Guichet Unique de Mobilité et Logement : Créer une task-force municipale dédiée pour :
    • Accompagner les propriétaires de logements vacants dans la remise sur le marché (aides rénovation).
    • Centraliser l’information sur les transports (Atchoum, BreizhGo) pour lutter contre l’isolement des seniors sans voiture.
  4. Pacte Social avec les Agents Communaux : Avant toute réorganisation, réaliser un audit de Qualité de Vie au Travail (QVT) pour les agents municipaux. Une administration apaisée est la condition sine qua non pour mettre en œuvre tout programme politique ambitieux.

(Article basé sur la transcription et interventions publiques du 6 février 2026. Sources croisées : déclarations liste, contexte local via presse régionale.)